Fontgombault Grand orgue


  
































Cet instrument monumental a été construit par les moines de L'Abbaye sous l'égide de M.Jouve de 1984 à 1994.

46 jeux sont répartis sur 4 claviers et pédale.

Certains tuyaux de l'instrument ont été récupérés sur l'ancien orgue C.Coll.

L'instrument comporte 11 sommiers type Dom Bedos à traction électromécanique

4 soufflets, 2 turbines. Le tempérament est celui de Werckmeister III.

Après de longs et loyaux services, il a été nécessaire d'inscrire résolument l'instrument dans le style qui aurait du être le sien.

L’orgue de Fontgombault a été conçu pour embrasser le répertoire européen baroque. Tout a été pensé en ce sens tant du point de vue de la composition que de la disposition architectonique des plans sonores. Un tel monument de 47 jeux pour 3000 tuyaux et des années de travail se devait de chanter et magnifier la liturgie bénédictine. Pourquoi donc réharmoniser l’instrument ? En son temps, le parti pris sonore fut celui de la discrétion et de l’effacement ; cette vision tout à fait louable a obligé le facteur à nombre de compromis acoustiques et harmoniques donnant une image sonore plutôt neutre, à mon avis. Lorsque Dom Pateau, Abbé du monastère me demandait de revoir cela, je lui proposais une vision radicalement opposée de l’instrument, en donnant à chaque plan sonore toute la couleur et toute l’éloquence que la composition même nous faisait pressentir.

 La position de l’orgue dans l’édifice, joue ici un rôle capital dans la spatialisation des timbres ; en effet, situé à la croisée de transept, en fond de bras, l’orgue a besoin d’une énergie considérable pour s’affranchir des multiples réflexions qui ont tendances à l’enfermer en ce lieu.

Le buffet et l’ordonnancement des façades obéissent aux grandes règles des buffets Français, alliant élégance et proportion, tel qu’on peut le lire et le relever dans le traité de Dom Bedos de Celles, qui a servi à l’élaboration technique de cet instrument. Une dérogation à cet équilibre a été ajoutée avec beaucoup de finesse et de discrétion ; il s’agit de la traditionnelle position en buffets posés au sol de la grande Pédale à l’Allemande nordique. Ces deux extensions larges et discrètes, contiennent toute la Pédale hormis la Trompette et le clairon qui sont sur le même plan que le grand Orgue.

Le Positif de dos est ici posé au sol, organisant les bouches des tuyaux à hauteur d’homme ; cette disposition est peu commune, puisque la plupart des grandes orgues à La Française sont en tribune, offrant à l’auditoire, une image sonore beaucoup plus homogène et proportionnée au Grand orgue. Du point de vue de l’harmonisation, j’ai donc considéré ici le positif comme un Positif de Teneur tel qu’on aurait pu les voir au XIeme siècle ou le positif était encore un orgue séparé du Grand orgue. Si ce plan sonore conserve ses propriétés de composition classique il devient acoustiquement un clavier de premier plan.  Il faut noter que toutes les mutations et la flûte de 4 sont ici  coniques, renforçant ainsi le second et le troisième  harmonique ; Ce choix induit une image plutôt contrapuntique de cette synthèse, telle qu’on pourrait l’entendre dans les orgues de type Allemand ou Flamand.

Le GO est ici tout à fait classique Français, les tailles en sont larges et généreuses. Ces diapasons ont tendances à faire sonner la tierce donnant à ce plan une destination plutôt harmonique. Classique Français aussi, car à l’instar de ces frères illustres, Souvigny, St Maximin, ce clavier est théâtral, en ce sens que ses couleurs et ses mélanges font écho aux sentiments ou à la nature de l’âme humaine avec un Cornet vif et altier, une grosse tierce rauque et mélancolique ou un nasard débonnaire qui dialogueront avec le Cromorne du Positif plutôt railleur et mutin.

Le troisième clavier appelé ici Echo est enclos dans une boite à jalousies dont l’ouverture se fait contre le mur de l’édifice. On doit y voir une réminiscence du Brustwerk (positif de Poitrine) Rhénan à volets refermables à souhait pour en étouffer le son et lui donner son rôle d’écho. En outre, sa composition même l’en rapproche grâce à la présence d’une cymbale tierce, d’une flute à biberon caractéristique de la facture normande et de la régale à double cône. Ce clavier « expressif » ne se rapproche en rien de l’expression telle qu’on la conçoit dans l’orgue romantique.

Le quatrième clavier appelé ici Récit pourrait être apparenté au Kronwerk (clavier de couronne) de l’orgue Allemand ; il couronne la tourelle majeure de GO et prend son nom de Récit puisqu’il contient un hautbois à la Française et un cornet composé.

La pédale est ici clairement Allémanique, grande étendue, composition pyramidale des harmoniques et plein-jeu large de V rangs.

Les anches de l’ensemble de l’instrument ne sont pas clairement apparentées à une école ; les anches de GO ne possèdent pas les canons post classiques de Dom Bedos, tant par la forme des rigoles (ici à bec de canard) que par les tailles des résonateurs. Le cromorne à un diapason étroit et suit une progression linéaire de la longueur des cônes contrairement au Cromorne Français. La Bombarde est en bois de faible taille avec des anches type Silberman à larme conique rigoles plombées.

Les 24 rangs de plein jeu de l’orgue, sont de structure harmonique hormis le plein jeu d’écho et de pédale de type contrapuntique.

Face à la diversité du matériel sonore, j’ai donc pris le parti de l’éloquence des tuyaux au service de l’unité de masse en inscrivant chaque plan dans le style dicté par la composition et la taille des tuyaux ; ainsi, je n’ai pas essayer de faire coller le positif à un type français qu’il ne possède pas dans ses diapasons, mais de le rendre cohérent en lui-même en le proportionnant aux plans concertants.

Les grandes lignes de la mise en son ont été dictées avant tout pour la musique éminemment contrapuntique de Bach, en recherchant la clarté polyphonique ; pour ce faire l’harmonie est assurément ascendante mais non linéaire, recherchant la clarté du bas médium riche harmoniquement, un dessin clair de la basse, et un chant puissant. Les lumières des tuyaux sont larges, les biseaux hauts pour les principaux et plutôt bas pour les flûtes ; la lame d’air dirigée plutôt vers l’extérieur donnant une part importante et nécessaire aux transitoires.

























Cliquez ici pour une commande via Amazon- Click here to order via Amazon

Cliquez ici pour une commande via Art et musique- Click here to order via Art et musique éditions

                      
                      

  Contenu du CD interprété par François Clément

_ _
D. Buxtehude
Toccata en ré mineur

Du Caurroy
Conditor alme siderum

Steffens
Nun komm der Heiden Heiland

Du Caurroy
Une jeune fillette- fantaisie 29

Du Caurroy
Une jeune fillette- fantaisie 30

Du Caurroy
Une jeune fillette- fantaisie 31

Du Caurroy
Une jeune fillette- fantaisie 32

Sieffert
Puer natus- vs.1

Sieffert
Puer natus- vs.2

Sieffert
Puer natus- vs.3

Sieffert
Puer natus- vs.4

Sieffert
Puer natus- vs.5

Sieffert
Puer natus- vs.6

Titelouze
A solis ortus cardine- vs.1

Titelouze
A solis ortus cardine- vs.2

Titelouze
A solis ortus cardine- vs.3

J-H. Buttstedt
Von Himmel kam der Engel Schaar

J-S.Bach
Von Himmel hoch, da komm ich her

J-S.Bach
Von Himmel hoch, da komm ich her

J-S.Bach
Von Himmel kam der Engel Schaar

D. Buxtehude
Wie schön leuchtet der Morgenstern

J. Pachelbel
Von Himmel hoch, da komm ich her

J-S.Bach
Prélude en sol majeur

N. Lebegue
Les cloches

M. Corrette
Un jour Dieu se résolut

J-F. Dandrieu
Adam où es-tu

J-F. Dandrieu
Une bergère jolie

M. Corrette
Bon Joseph écoutez-moi

J-F. Dandrieu
Joseph tu es bien joyeux

M. Corrette
Michaud qui causoit ce grand bruit

N. Lebegue
Ou s en vont ces gays bergers

C. Balbastre
Votre bonté grand Dieu




  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9